Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

04/09/2013

Autignac dans la révolte des vignerons de 1907

« Ce n’est pas la révolte en elle-même qui est noble mais ce qu’elle exige. ». Cette phrase d’Albert Camus (1913-1960), proclamée dans « L’Homme révolté », possède une telle universalité qu’elle lui permet d’être rattachée à divers événements et notamment à la révolte des vignerons de l’année 1907 qui a permis le soulèvement du Midi de la France et entre autres, d’une partie de la population Autignacoise.

La délégation d'Autignac en 1907..jpg

Emmenés par Marcelin Albert et par le Docteur Ernest Ferroul, député-maire de Narbonne, les vignerons du Midi dénoncent dans la rue la crise persistante de mévente et de fraude qui sévit depuis le début du siècle.

Si quasiment chaque commune du Midi a eu une délégation dans ces manifestations, toutes n’en ont pas de photos voilà pourquoi Autignac peut s’enorgueillir de posséder, au titre de son patrimoine immatériel, un cliché immortalisant la délégation Autignacoise au cours d’une manifestation à Montpellier.

Le 21 mai 1907 déjà, la détermination des Autignacois peut se lire dans l’édition du journal « La Croix » qui indique que sur leur banderole est inscrit : « Les vignerons d’Autignac mourront en combattant plutôt que de crever en travaillant. ».

L’unique cliché qu’Autignac possède est celui pris en 1907, à l’occasion du grand meeting viticole, sans pareil, de Marcelin Albert et qui réunit plus de 500 000 personnes à Montpellier.

La délégation, emmenée par Jules Pastre, alors vice-président du comice agricole de Béziers, se situe non loin du square de la gare Saint-Roch, au niveau de la rue Pagézy et rejoint la place de la Comédie accompagnée d’une fanfare.

Présentes au deuxième plan, les Autignacoises vêtues de bérets rouges et portant en bandoulière des écharpes avec le nom de leur commune, semblent prêtes à combattre quel qu’en soit le prix, comme la population de ce « Midi rouge » qui arrive à faire trembler le Gouvernement de Clémenceau, sans toutefois le faire fléchir …

Ceux qui ne manifesteront pas ne seront pas moins combattants ; les commerçants de la commune, ligués, iront en effet jusqu’à fermer leur boutique au nez d’un vérificateur des poids et mesures.

Albert CURE.jpgL’acte le plus réticent vis-à-vis de la révolte des vignerons de 1907 sera la non-démission d’Albert Cure, maire de l’époque, alors que démissionneront environ 600 conseils municipaux … Sa non réaction lui vaudra de perdre sa place aux élections municipales suivantes de 1908, face à une liste défendant les intérêts communaux et viticoles. 

A l’approche des vendanges, il convient de ne pas oublier ce que Frédéric Mistral qualifiera d’une « des plus belles pages de l’histoire populaire du Midi … ».

19:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.